Storyboard

Un storyboard (francisé en « scénarimage » au Canada1), est un document sur papier ou en dossier informatique, utilisé au cinéma et en téléfilm, lors de la préproduction afin de planifier les besoins de l’ensemble des plans qui constitueront le film, aussi bien au niveau technique (cadrages, mouvements de caméra, effets spéciaux) qu’au niveau artistique (décors construits, décors virtuels). Sa mise en page ressemble à celle d’une bande dessinée dont chaque vignette représente un plan, décrit parfois en plusieurs dessins. L’ordre proposé est celui du montage final.

En plus du scénario et du script, il est possible de réaliser un story-board : c’est une sorte de bande-dessinée qui décrit tous les plans du film. Si le scénario décrit le film en langage écrit, le story-board introduit une première approche visuelle. Il va vous permettre de transmettre votre vision du film au reste de l’équipe, et c’est également un bon moyen de préparer le tournage.

Ceci étant dit, le story-board n’est pas une œuvre d’art, c’est un simple outil de travail. Il est donc inutile de passer des mois à faire des dessins très détaillés, de simples croquis annotés suffisent. Il n’est pas nécessaire de savoir dessiner, des « bonhommes bâtons » peuvent très bien faire l’affaire. Il n’y a pas vraiment de règle en matière de création de story-board, chacun est libre d’adopter le format qu’il souhaite, par exemple en détaillant tout le film plan par plan ou simplement en esquissant les grandes lignes, ou encore indiquant les mouvements de caméra par des flèches, etc.

Avoir un story-board très détaillé vous permettra d’être très bien organisé, le jour du tournage vous saurez exactement quels plans doivent être tournés à cela vous permettra d’avancer plus rapidement. L’inconvénient est que ceci nécessite un temps de préparation considérable. De plus, certains réalisateurs trouvent qu’il tend à rendre le tournage plus rigide et nuit à la créativité : avec un story-board on se contente souvent de dérouler les plans prévus sans trop réfléchir. Or dans le feu de l’action, on peut très bien avoir l’idée d’un plan original auquel il aurait été impossible de penser sans avoir la scène sous les yeux. Bref, c’est à chacun de voir !

Concevez votre canevas

e sera le support de votre story-board : il s’agit tout simplement d’une feuille sur laquelle sont dessinés des simples rectangles, chaque vignette correspondant à un plan. Il vous faut maintenant décider du nombre de vignettes par feuille : deux, quatre, huit ? Il n’y a pas vraiment de règle précise, ça dépendra du niveau de détails que vous souhaitez donner à votre story-board.

Prévoyez également à laisser une zone de notes pour chaque vignette afin d’y ajouter des annotations (mouvements de caméra, lumière souhaitée, etc.). Pensez éventuellement à laisser une bonne marge autour de chaque vignette, au cas où vous souhaitez ajouter des détails sur les côtés. Enfin, vous pouvez également ajouter une zone de titre et ou numérotation, pour vous y retrouver plus tard.

Lorsque votre canevas est établi, vous pouvez tout simplement le photocopier en de multiples exemplaires, et le tour est joué !

Voici ci-dessous un exemple de canevas de story-board que vous pouvez bien sûr imprimer pour votre usage personnel :

Premier brouillon : Testez, essayez, itérerez

La première passe consiste à dessiner un brouillon très grossier, inutile donc au début de se lancer dans un dessin très détaillé digne des beaux-arts.

Munissez-vous de votre scénario, et commencez simplement à lire la séquence sur laquelle vous travaillez. Pour chaque phrase ou action du scénario, dessinez une vignette correspondante de la façon la plus simple possible, comme ça vous passe par la tête.

Une technique que je vous encourage à suivre à cette étape est d’utiliser un tableau, et de découper chaque vignette (ou bien d’utiliser des post-it), afin de pouvoir très facilement réordonner, déplacer, supprimer une vignette, la décliner dans une autre version, la séparer en sous-vignettes, etc. Encore une fois, l’idée est ici d’essayer différentes combinaisons de plans, transitions, compositions, etc.

Exemple de brouillons de story-board

Exemple de brouillons de story-board

Rendu au propre

Passé la première étape, vous devez maintenant avoir une idée plus précise de la structure de votre séquence.

Vous pouvez donc repartir au propre sur d’autres canevas vierges. Il s’agira maintenant détailler davantage la composition de chaque plan, ainsi que d’ajouter des annotations qui pourront être utiles à l’équipe de production :

  • Mouvements de caméra ou de personnages. Vous pouvez les indiquer par des flèches ou utiliser un code couleur
  • Indications techniques sur la lumière, le type de cadrage (ex. : gros plan) ou même le type d’objectif souhaité pour le plan en question.

Bref l’idée est d’apporter tous les détails possibles pour que les équipes puissent comprendre l’intention derrière le story-board. Encore une fois il s’agit d’un outil de communication, donc privilégiez la clarté, et essayez d’ajouter toutes les indications possibles pour que tout le monde puisse se projeter.

Parfois les dialogues sont inscrits sous la vignette si ceci peut aider à la compréhension du story-board. Mais attention, il est déconseillé des les inscrire dans des bulles à la manière d’une bande-dessinée ! En effet vos bulles risqueraient de cacher une zone importante de l’image, c’est une distraction qui risque de nuire à la lisibilité de vos vignettes. N’oublions pas que le story-board sert à décrire les images de votre film, les dialogues sont eux détaillés dans le scénario.

Exemples de story-board de films connus

Pour vous donner une idée du rendu que l’on peut atteindre, vous trouverez ci-dessous quelques extraits de story-boards de films célèbres. Vous pouvez constater par vous même que le dessin n’est pas forcément très « beau » ni détaillé, et vous pouvez voir le type d’indications techniques qui sont apposées :

Amélie Poulain

Amélie Poulain

 

Jurassique Park

Notez comment les mouvements de caméra sont indiqués par des flèches, et comme certains éléments sont dessinés hors du cadre, utile en cas de mouvement.

Exemple de Story-board publicitaire

Dans le contexte publicitaire, un story-board est une représentation visuelle de ce que sera un spot ou une vidéo et qui prend la forme de différents croquis accompagnés éventuellement de bulles de dialogues et de notes concernant les plans et différents éléments d’accompagnement. Un story-board ressemble un peu à une bande dessinée.

Le story-board est présenté à l’annonceur et sert pour le travail de pré-production du spot. Il peut également servir dans le cadre d’un pré-test publicitaire en étant soumis pour appréciation à la cible visée.

recrutement d’un acteur sur le site Rollerenligne.

Recrutement d’un acteur sur le site Rollerenligne.

Une partie d’un story-board utilisé pour une vidéo de fin d’année :

La vidéo correspondant au story-board :

https://www.youtube.com/user/123monsite/featured

Les logiciels de story-board

Si vous n’êtes pas doué pour le dessin, vous pouvez également opter pour un story-board numérique. En effet, il existe différents logiciels qui peuvent vous aider dans cette démarche :

Logiciel de story-board gratuit

Story-board Generator

Pour les portes monnaies percés, « Storyboard Generator » avec son interface simple et facile à comprendre est idéal pour une première prise en mains. Attention : bibliothèque limitée et lenteur. Mais ce logiciel a fait ses preuves. Il est entièrement gratuit tout comme “Celtx” avec sa prise en mains facile.

Celtx

Un logiciel assez basique qui a l’avantage d’être gratuit !

Logiciels de story-board payants

Toon Boom Storyboard Pro

Côté payant, « Toon Boom Storyboard Pro », un des outils les plus connus, Comme son nom l’indique (toon), ce logiciel est fait pour le dessin et les gens de l’animation, un incontournable, un must dans son domaine (410 euros par an, 51 euros par mois). Afin de vous faire la main et de bien tester le logiciel, Toon Boom propose d’essayer le logiciel pendant 21 jours.

Storyboard artist studio 5

« Storyboard artist studio 5 » navigue dans un ordre de prix très supérieur (885 euros). Cependant le concepteur propose plusieurs versions qui donnent la possibilité de ne pas acheter les options dont vous n’avez pas besoin. Un système évolutif qui permet d’acheter ce logiciel à partir de 220 euros sous l’appellation “Story-board Quick”.

Pour aller plus loin

L’art du Story-board de Guiseppe Cristiano

Pour approfondir les techniques, je vous invite à consulter ce livre qui décrit avec précision toutes les étapes pour faire un bon story-board.

ou sur internet :

  • http://www.storyboardthat.com/fr
  • Wikipédia
  • http://www.esma-artistique.com/evenements/actualites/Le-StoryBoard.html
  • https://www.commentfaireunfilm.com/logiciels-storyboards-plan-au-sol/
  • https://play.google.com/store/apps/details?id=com.google.android.apps.photolab.storyboard&hl=fr